CNDP : CONSULTATION PUBLIQUE - CO-CERNés

CNDP : CONSULTATION PUBLIQUE

CNDP : CONSULTATION PUBLIQUE

La Commission nationale du débat public (CNDP) organise le débat public sur le projet de Futur Collisionneur Circulaire (FCC) du CERN et son raccordement électrique, du 2 juin au 1er octobre 2026. Durant cette période, elle devrait garantir l’information du public et recueillir les avis, questions, critiques et propositions des citoyens, associations, élus et acteurs du territoire au travers de réunions publiques, ateliers, débats thématiques et contributions en ligne.

Le collectif Co-Cernés a toutefois dénoncé le choix d’un calendrier se déroulant en grande partie au cœur de la période estivale, durant les vacances d’été, alors même qu’il s’agit d’une période de forte activité pour de nombreux agriculteurs et acteurs économiques locaux dans un territoire fortement marqué par le tourisme. Ces conditions risquent de limiter la participation effective d’une partie des populations les plus directement concernées par le projet.

Le collectif regrette également que, hormis la réunion prévue à Challex, aucune réunion publique ne soit organisée au cœur des territoires les plus impactés par les installations de surface du FCC. Cette absence de rencontres dans 6 communes directement concernées par les puits, cavernes, plateformes logistiques et autres infrastructures annexes apparaît en contradiction avec l’objectif affiché d’une large participation des habitants les plus exposés aux conséquences du projet.

Par ailleurs, le lancement du débat public a permis de mettre en lumière des éléments qui n’avaient jusqu’alors fait l’objet que d’une information limitée auprès des populations concernées. Il est notamment apparu que plusieurs communes pourraient être affectées non seulement par les infrastructures de surface du FCC, mais également par la création de trois lignes à très haute tension destinées à l’alimentation électrique de l’installation. Ces nouvelles informations confirment l’ampleur des impacts potentiels du projet sur les paysages, les terres agricoles, les milieux naturels et le cadre de vie des habitants, renforçant la nécessité d’une information complète et d’un débat de proximité dans les territoires directement concernés.

À l’issue du débat, la CNDP publiera un compte rendu et un bilan synthétisant les arguments exprimés et les recommandations formulées. Le CERN et RTE devront ensuite répondre publiquement à ces conclusions. Toutefois, il est important de rappeler que les conclusions de la CNDP ne sont pas contraignantes : ni le bilan ni les recommandations émises n’obligent les maîtres d’ouvrage à modifier ou abandonner leur projet. La CNDP garantit le droit à l’information et à la participation du public, mais elle ne dispose d’aucun pouvoir de décision sur l’avenir du FCC.

A l’occasion de la mise en ligne du  DMO, dossier de présentation du projet, rédigé par le CERN et RTE

https://www.debatpublic.fr/projet-accelerateur-particules/contributions-acteurs-sur-dossier-presentation-projet

17 organisations, associations dont CO-CERNés ont rédigé des « contributions d’acteurs » :

À la lecture des « Contributions d’acteurs sur le document de présentation du projet du CERN », un élément apparaît avec force : malgré leurs origines, leurs missions et leurs sensibilités différentes, de nombreux acteurs du territoire formulent des critiques remarquablement convergentes à l’égard du projet de FCC.

Les associations, chambres d’agriculture, géologues, collectifs citoyens et représentants du monde rural ne contestent pas nécessairement l’intérêt de la recherche fondamentale. En revanche, ils s’interrogent sur la pertinence, le calendrier, les conséquences et les conditions de réalisation d’un projet qui pourrait engager le territoire jusqu’à la fin du siècle.

Au fil des contributions, une même idée revient : les connaissances scientifiques présentées sont abondantes, mais les impacts réels du projet demeurent largement insuffisamment documentés.

http://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2026-06/CERN-complitation-contributionscollectif.pdf

En synthèse :

1-Un dossier jugé incomplet par une grande diversité d’acteurs

Le premier enseignement de cette compilation est la convergence remarquable des critiques formulées par des organisations pourtant très différentes : Confédération paysanne de Haute-Savoie, France Nature Environnement Haute-Savoie, Chambre d’agriculture de l’Ain, Chambre d’agriculture Savoie Mont-Blanc, Les Amis de la Terre Haute-Savoie, Terre d’Union, FRED 74, géologues retraités, associations locales et collectifs citoyens.

Toutes pointent, à des degrés divers, un manque d’informations essentielles permettant au public d’évaluer les conséquences réelles du projet FCC.

La Confédération paysanne de Haute-Savoie écrit ainsi : « Alors que nous pensions obtenir, avant le débat public, des éléments tangibles nous permettant d’avoir des discussions sur des bases solides et incontestables, nous constatons que nombre de données importantes ne seront étudiées que plus tard. »

Co-Cernés formule un constat proche : « Le nombre d’études à faire après cette concertation ne se compte plus. »

2-Eau : une inquiétude partagée par l’ensemble des contributeurs

Des géologues aux associations environnementales, la question de l’eau revient systématiquement.

Les Amis de la Terre Haute-Savoie demandent davantage d’informations sur : « les besoins en eau, pendant tous les travaux de construction, mais aussi pour le fonctionnement des activités »

La Confédération paysanne rappelle quant à elle le contexte climatique local : « Chaque été est désormais rythmé […] par les canicules, les restrictions d’eau » et souligne que « de tout cela, le CERN ne parle pas ».

Les géologues retraités alertent également sur les risques liés aux nappes, aux venues d’eau et à la traversée sous le Léman.

3. Agriculture et artificialisation : un sujet majeur

La critique ne provient pas seulement des associations environnementales.

La Chambre d’agriculture de l’Ain estime que : « La prise en compte de l’activité agricole dans le dossier est insuffisante. »

La Confédération paysanne de Haute-Savoie s’inquiète de la disparition de terres agricoles dans un contexte où la souveraineté alimentaire devient un enjeu majeur. Elle rappelle que le projet pourrait entraîner :

« la disparition d’environ 50 hectares de terres agricoles, sans compter les nouvelles routes »

La FNE Haute-Savoie, Terre d’Union et plusieurs associations locales soulignent également les risques liés à l’artificialisation des sols, à la biodiversité et à la consommation des ressources naturelles.

4-Un débat public jugé prématuré

Plusieurs acteurs considèrent que le débat intervient alors que les études essentielles ne sont pas terminées.

Les géologues retraités parlent d’une étude de faisabilité : « TRES en RETARD »

La Confédération paysanne estime de son côté que : « le dossier de présentation n’apporte pas grand-chose de nouveau » et « semble même parfois lacunaire ».

Co-Cernés évoque pour sa part : « le niveau d’incertitude qui demeure face à l’affirmation de la nécessité du FCC »

5-Une absence d’alternative dénoncée par plusieurs contributeurs

Les Amis de la Terre Haute-Savoie regrettent : « l’absence de considération de façon positive d’alternatives »

La Confédération paysanne critique également le fait que : « l’option zéro est écartée, les alternatives scientifiques peu explorées »

Cette critique est reprise par plusieurs contributions qui demandent qu’un véritable scénario de non-réalisation soit étudié et présenté au public.

6-Une interrogation démocratique récurrente

De nombreux contributeurs questionnent les modalités mêmes du débat.

Co-Cernés écrit : « le débat public, organisé majoritairement en été, semble avoir été délibérément conçu pour limiter la participation citoyenne »

La Confédération paysanne relève elle aussi que le débat se déroule : « au cœur de l’été » alors que les agriculteurs sont dans leur période de plus forte activité.

 7-Une question de fond : pour quelle finalité ?

Malgré la diversité des approches, une interrogation traverse l’ensemble du document.

Les contributions de la Confédération paysanne, de FNE Haute-Savoie, de Terre d’Union, de la FRED 74, des chambres d’agriculture, des Amis de la Terre, des géologues ou encore de Co-Cernés convergent sur un point : avant de mobiliser des milliards d’euros, des ressources naturelles considérables et plusieurs décennies d’aménagement du territoire, la nécessité du projet doit être démontrée de façon beaucoup plus solide et transparente. « La question demeure : Pour quelle finalité ? »

Echéances à court terme :

Le projet n’est pas définitif mais les étapes décisives approchent. Co-Cernés se mobilise pour que chaque habitant puisse s’informer et agir avant que l’irréversible n’arrive.

En 2026 : Participation au débat public (CNDP). Il conviendra de contribuer au débat public qui sera organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP) au cours de l’année 2026 – nous y reviendrons prochainement.

En 2027 : Enquête publique officielle.

En 2028 : Décision finale de financement par les 25 États membres, dont la France

Informations complémentaires : (sur chaque thématique en cliquant sur “ici vous accèderez à l’information souhaitée. 

-Agenda de la concertation programmée par la CNDP : ici

-Le site et les ressources mise en ligne par la CNDP dans le cadre du débat public sur le projet de FCC : ici

-Le site de Noé21, pour suivre ce qui se fait du coté de nos voisins suisses : ici

-“Les rapport d’étonnement” = “Un document qui exprime les surprises, les incompréhensions, les interrogations ou les réflexions du groupe suscitées par la lecture” après la lecture du DMO (dossier du maitre d’ouvrage). Retrouvez la contribution de CO-CERNés, l’association la FRED, la FNE ici et la CONFEDERATION PAYSANNE 74 : consulter ici