Lorsque des fondations privées (créées par de grands industriels) décident de compléter les financements publics de projets tels que le méga accélérateur FCC du CERN, le font-elles pour la beauté de la recherche ? Ou y a-t-il des ficelles attachées à ces dons ?
Lorsque parmi elles figure la personnalité de Mark Zuckerberg, fréquemment convoqué par le Sénat américain quant aux pratiques contraires à l’intérêt général menées par sa firme Meta, on doit se poser une question : Les exigences éthiques des 25 États financeurs du CERN, dont la Suisse, primeront elles sur les attentes des fondations privées envers le CERN ? Des fondations servant d’autres objectifs, bien moins louables que celui porté à la connaissance du public ?
Le projet de méga-accélérateur du CERN n’est pas une priorité et doit être remisé pour une possible meilleure conjoncture à l’avenir. Ce projet entre en concurrence avec l’objectif largement approuvé en votation fédérale de la transition énergétique.
Lire l’article de la Tribune ou les renseignements pris sur le site du CERN: https://home.cern/fr/news/press-release/cern/private-donors-pledge-860-million-euros-cerns-future-circular-collider

Suite à l’article paru dans le numéro de décembre du magazine Campus « Mark Thomson relève le pari fou du futur accélérateur du CERN » (c’est bien de le mettre le lien pour que nos lecteurs aient :
https://www.unige.ch/campus/campus163/invite/
Voici le droit de réponse adressé par Co-Cernés suite aux propos du nouveau directeur du CERN :
Vous avez donné une large place à l’opinion de M. Thomson dans l’un des derniers numéros de Campus. Les arguments qu’il avance appellent pourtant de fortes nuances.
Il affirme d’abord que le projet de Futur Collisionneur Circulaire (FCC) ferait consensus, avant de devoir corriger ses propos lorsque vous lui rappelez l’opposition d’un nombre important de chercheurs.
Il explique ensuite qu’il faut « continuer à expliquer », laissant entendre que les opposants ne comprendraient pas les enjeux du projet.
Une première remarque s’impose : ces explications sont très récentes. Pendant près de dix ans, la population locale et les élus ont été ignorés. Ce n’est qu’à la fin de l’année 2023 et au début de 2024 que les citoyens ont été informés, d’abord par l’association Noé21, puis par le collectif Co-Cernés.
Faut-il également rappeler que, dans ses propres documents, le CERN affirmait à ses contributeurs que tout était réglé et que la population locale était enthousiaste ? Une affirmation totalement fausse — qualifiée a posteriori « d’erreur » par le service de communication du CERN.
La question du FCC est bien trop importante pour être laissée à l’entre-soi des physiciens des particules, qui décideraient seuls de l’orientation et de la répartition des financements de la recherche selon leurs priorités.
En l’état, le CERN semble faire peu de cas de l’urgence climatique, poursuivant une logique du « toujours plus grand » :
– sacrifice de 160 hectares de terres agricoles et naturelles,
– risques d’assèchement des nappes phréatiques et des rivières,
– non-respect des lois sur l’eau,
– insuffisances majeures dans les études hydrogéologiques,
– dispersion de millions de tonnes de gravats,
– circulation de centaines de milliers de camions,
– information des populations locale biaisée et parcellaire.
M. Thomson ne doute pas de la réalisation du projet — il est rémunéré pour le défendre. Pourtant, une procédure va s’ouvrir avec la Commission nationale du débat public. Elle permettra de discuter non seulement de cette « évidence » proclamée, mais aussi de la faisabilité réelle du projet dans les conditions annoncées.
Depuis 1982, le changement climatique est devenu une réalité incontestable… sauf, semble-t-il, pour le CERN. Manifestement, l’institution a mis tous ses œufs dans le même panier. Et nous savons comment ce genre d’histoire se termine.